« Le
point commun des dieux c’est qu’ils aiment
qu’on les aime en chantant. »
Des
Dieux, Oumar en a connu beaucoup. Il a prié le soleil,
prié la pluie, dans ce village perdu de Sierra Léone
où son père était Marabout. Le drame,
la guerre, les morts, le voilà orphelin.
Chez
un oncle, un frère, des cousins, il traverse sa
famille et plusieurs pays d’Afrique en chantant le
Coran. Oumar a compris. Celui qui chante, il est admis
et sa solitude s’estompe un peu, le temps d’être
applaudit.
Tous
ces déplacements forcés lui ont donné le
goût du voyage. Maintenant il est grand, il rêve
d’Abidjan, un avant goût d’occident.
Bob Marley, Youssou N’Dour, Fela, Marvin Gaye, il
découvre tout en même temps. Pour lui, d’une
certaine manière ces chanteurs sont des Dieux et
il se met à chanter leurs chansons dans des boîtes
de nuit. Une française tombe folle amoureuse de
lui. Il l’épouse, lui fait un enfant béni
et débarque à Paris.
Oumar en quelques mots : Chanteur exceptionnel originaire de Sierra Leone et dont la tessiture rauque rappelle parfois les grandes figures de la Motown, Oumar Thiam se situe dans cette nouvelle mouvance d'une Nu Soul folk acoustique avant tout basée sur l'authenticité et l'émotion.
Seul à la guitare, il évoque une sorte de mélange idéal entre un Al Green et une Tracy Chapman, entre un Otis Redding et un Richie Havens, réussissant ainsi – à l’instar d’un Keziah Jones ou d’un Ben Harper - la rencontre pas si évidente en soi entre la soul, le R'n'B et le folk.
Mais ce qui distingue davantage encore cet artiste inclassable, c'est une capacité rare à émouvoir, à faire passer d'énormes sentiments avec une simplicité et une candeur souvent désarmantes.
Après un premier album signé chez Warner, une tournée en première partie de Youssou N' Dour, Oumar Thiam prépare son deuxième album pour la rentrée, dont il présente les titres dans une série de dates parisiennes.
ENGLISH
Outstanding singer from Sierra Leone now based in Paris whose voice has the flavour of the Motown icons, Oumar Thiam is part of this new trend of an acoustic folk Nu Soul primarely based on authenticity and emotion.
When singing on his own with his guitar, he sounds like an ideal mix between Al Green and Tracy Chapman, Otis Redding and Richie Havens, making soul, R'n'B and folk music meet just like Keziah Jones or Ben Harper did.
But what makes this artist even more unique, is a rare capacity to touch people, to put across strong feelings with a candid simplicity.
After a first album signed with Warner in France, a tour with Youssou N'Dour, Oumar is currently working on his second album to be released next fall, whose titles can be heard in a series of gigs given in Paris.
Album : mamam m'aime
Qui
dit Paris, dit métro, surtout quand on est démunit.
Avec ses économies, Oumar s’est acheté une
guitare. La nuit il travaille ses accords et le jour il
se produit à la station Odéon. Les gens sont
généreux avec lui mais sans plus. Jusqu’au
jour où un petit jeune homme à lunette reste
planté devant lui, oubliant tous les rendez-vous
qu’il avait ce jour là.
Ce
jeune homme s’appelle Frank. Il n’est pas producteur,
mais pour Oumar il va le devenir. Chanter en français,
c’est un nouveau défi. Pendant qu’Oumar
s’entraîne à la langue avec une troupe
de gospel qui l’a adopté (cette fois il chante
Jésus), Frank cherche un auteur avec qui travailler.
Il rencontre Pierre Grillet (« c’est la
ouate », « madame rêve »…).
Tout le monde est inspiré, mais il faut beaucoup
travailler, rencontrer des compositeurs, des arrangeurs.
De
nos jours, faire correspondre les emplois du temps, c’est
presque ça le métier de chef d’orchestre.
Frank s’en sort bien. Dans l’année,
Oumar enregistre son premier single chez un indépendant.
La chanson « maman m’aime » et
le clip « fait maison » qui l’accompagne
connaîtront un accueil inattendu. Disons succès
d’estime, puisque c’est l’expression
consacrée.
L’album!
L’album! C’est le cri du chanteur impatient.
Avec qui le faire ? Un nouveau label de développement
d’artistes vient de se créer chez Warner.
Chez SOW, c’est le nom du label, ils sont séduits
par le mélange atypique de culture africaine et
de textes français et surtout ils ont la très
bonne idée d’envoyer les guitares voix d’Oumar à ce
jamaïcain new-yorkais génial, mister Handle
Tucker. Clavier inspiré producteur spontané et
sensible, il a apporté sa touche au Fugees, Sly & Robbie, à Diana
King, Maxi Priest… et Daddie Nuttea. Ce serait un
rêve qu’il accepte.
Le rêve se
réalise. Bonus, surprise, un texte d’Akhenaton
provoque chez tout le monde beaucoup d’excitation.
Les semaines passent, il arrive souvent que tout
le monde dorme sur place, dans ce studio où personne
ne sait, quel jour on est. Oumar joue sa vie.
L’album terminé,
on réalise que la production n’envahit
jamais l’espace, que c’est avant tout
un chanteur que l’on découvre, un artiste
qui compose et écrit, bref, nous ne sommes
pas en présence d’un concept. Youssou
N’Dour ne s’y trompe pas. Aussitôt
l’album entendu, il invite Oumar à chanter
en première partie de sa tournée française.
Rempli de fierté, Oumar se prépare
et attend avec impatience la date du 1er novembre
qui va marquer le début de cette aventure.
J’oubliais,
Youssou N’Dour, c’est un peu un Dieu
pour lui. Oumar est dans son élément.